Construire en milieu rural et péri-urbain : la qualité architecturale au service du développement des territoires

30 nov 2022Édito

Notre région Île-de-France ne se résume pas aux seules concentrations urbaines proches de Paris. En effet, près de la moitié des 1300 communes franciliennes s’inscrivent dans le monde rural. Elles sont un véritable catalyseur du développement du territoire francilien car elles attirent une population active toujours plus jeune grâce aux migrations internes à la région en provenance des espaces fortement urbanisés.

Ces mouvements de population sont le résultat de plusieurs facteurs : une forte demande liée à la qualité et au cadre de vie à un coût abordable, les enjeux liés aux mobilités, au développement du télétravail, l’émergence de nouveaux bassins d’emplois.

Depuis plusieurs années, les communes rurales franciliennes œuvrent à accélérer leur développement rural et leur attractivité. Pour nombre d’entre-elles, ce développement passe notamment par la construction de nouveaux logements sur des terrains disponibles au sein de leur commune. Pour autant, avec la nouvelle réglementation sur le ZAN, les terres disponibles à la construction seront de plus en plus rares en dépit de la pression foncière et la nécessité de loger une population toujours plus nombreuse et diffuse sur le territoire régional. Plus que jamais, la construction en milieu rural et péri-urbain doit répondre aux préoccupations environnementales de nos concitoyens et à la préservation de nos espaces agricoles et naturels. De nombreux dispositifs vont dans ce sens, à l’instar du fonds friche qui permet d’aider le développement d’opérations immobilières vertueuses face à l’étalement urbain que nous observons dans les zones péri-urbaines.

Lors de la Journée des Territoires en Seine-et-Marne organisée le 24 novembre dernier, l’Ordre des architectes d’Île-de-France et le CAUE 77 ont souhaité aborder cette question fondamentale de la construction en milieu rural. A l’occasion des échanges avec les acteurs du territoire, il a été soulevé que le recours à un architecte était particulièrement rare car trop peu financé dans les opérations des habitats individuels. Dans cette perspective, il est plus que jamais nécessaire d’insuffler le recours systématique à un architecte pour garantir la qualité des constructions essentielle à nos concitoyens. La construction en milieu rural a longtemps obéi au modèle du lotissement de maisons individuelles. Les débats sur le ZAN doivent désormais obliger les décideurs à intégrer la qualité des logements au niveau des communes, et à ce titre renforcer l’ingénierie architecturale pour faire les bons choix en la matière. Quant aux pavillons déjà construits, leur rénovation, énergétique ou globale, et leurs adaptations au vieillissement de la population doit être posée.

Enfin, au-delà de la construction, c’est finalement la reconstruction et la réhabilitation de notre patrimoine rural et péri-urbain que nous devons penser à l’aune de la stratégie nationale bas carbone, de la revitalisation des centres-bourgs et des enjeux liés à la préservation de nos espaces.

Toutes ces questions qui lient à la fois aménagement du territoire, urbanisme et qualité de l’habitat s’inscrivent pleinement dans la promotion de l’intérêt public de la création architecturale et dans les missions de l’Ordre. C’est pourquoi, dans la continuité de nos travaux en Seine-et-Marne, la question de la qualité des constructions en milieu rural et péri-urbain sera, pour 2023, une priorité de notre action en lien avec nos partenaires moteurs sur ce sujet.

Fabien Gantois, Président de l’Ordre des architectes d’Île-de-France.

Photo : © Javier Callejas 
Projet Architectures Raphael Gabrion 

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