L’architecte est aujourd’hui un chef d’entreprise à part entière

30 jan 2017Actualités

Entretien avec Claire Minart, chargée de mission de l’Ecole d’architecture de la Ville et des Territoires de Marne-la-Vallée, en charge de la pépinière « Echelle Un ».

1/ Quel est l’objet du dispositif Échelle Un, créé au sein de l’Ecole d’architecture de la ville & des territoires à Marne-la-Vallée ?   
Conçu en réponse à un appel à projet du Ministère de la Culture et de la Communication, le dispositif "Échelle Un" a pour vocation d’offrir aux jeunes architectes, membres d’une profession fragilisée, les outils nécessaires à leur réussite.
L’École d’architecture propose ainsi un soutien à la création et au développement d’entreprises d’architecture qui se traduit par la mise à disposition d’un espace de travail dédié et équipé, d’un accès aux ressources de l’école (atelier maquette, bibliothèque, reprographie), à des permanences de conseil dispensées en partenariat avec le Syndicat de l’Architecture et à un cycle de formation autour de quatre thèmes : la gestion financière, les systèmes de production, la prospection et l’organisation. 

Ce faisant, l’École d’architecture a pour ambition de permettre aux architectes de créer dans leurs structures les conditions économiques stables nécessaires à l’expérimentation et à la recherche architecturale et urbaine.

2/ Qu’est-ce qui distingue et rapproche l’entreprise d’architecture d’autres entreprises ?
L’architecte est aujourd’hui un chef d’entreprise à part entière, avec les avantages et les inconvénients que cela entraîne, mais il peine pourtant à trouver sa place dans les dispositifs existants d’accompagnement à l’entrepreneuriat.

L’activité de l’architecte s’inscrit dans un temps long qui a souvent pour conséquence l’instabilité du modèle économique de sa structure, particulièrement durant les premières années. De plus, la richesse produite reste difficilement évaluable et ne permet pas d’appréhender de manière classique les perspectives d’évolution de la structure, rendant ardue la comparaison avec une startup lors des processus de selection pour intégrer ces dispositifs.

C’est pour ces raisons que l’École d’architecture de la ville & des territoires a souhaité ouvrir ses portes au plus grand nombre, en accompagnant pour cette première année 19 agences (soit 26 personnes) et en permettant aux entrepreneurs extérieurs au dispositif de s’inscrire, à la carte, aux formations proposées.

3/ La pépinière a officiellement ouvert ses portes le 17 janvier. Quelles sont vos perspectives pour les mois à venir ?
"Échelle Un" étant dans ses premières semaines d’existence, les sujets à développer ne manquent pas. Un site internet dédié au dispositif verra très prochainement le jour et nous permettra de mieux relayer notre offre de formation auprès des entrepreneurs. Nous souhaitons également organiser à partir du mois de mai des rencontres avec des professionnels du secteurs : maîtres d’ouvrages, collectivités et architectes aux parcours entrepreneuriaux singulier, afin de terminer l’année en s’ouvrant à de nouvelles perspectives. Je profite par ailleurs de cet entretien pour lancer un appel à toute personne souhaitant partager son expérience avec nos architectes.

Enfin, un nouvel appel à candidatures sera lancé au début de l’été pour sélectionner les entrepreneurs qui nous rejoindront en septembre prochain.