Une nouvelle année sous le signe de la coopération, de la solidarité et de l’engagement
02 fév 2026Édito
Permettez que nous formulions des vœux. Non des vœux de circonstance, mais des vœux de responsabilité. Et si nous dessinions cette nouvelle année sous le signe de la coopération, de la solidarité, et de l’engagement au service des territoires et de leurs habitants. Dans un contexte toujours plus contraint, notre responsabilité collective n’a jamais été aussi forte.
Inscrivons l’année 2026 dans un climat de clarté économique, budgétaire et institutionnelle. L’instabilité actuelle fragilise durablement la mise en œuvre des politiques publiques. Sur le terrain, les acteurs de proximité sont en première ligne pour accompagner collectivités et citoyens, souvent démunis face à la complexité des projets et à l’absence de visibilité.
La crise de la construction, profonde et persistante depuis plusieurs années, constitue à cet égard un signal d’alarme. Elle affecte la production de logements, d’équipements publics, et la vitalité de l’ensemble de la filière de l’acte de bâtir. Elle fait également peser un risque majeur sur la qualité architecturale et urbaine des projets. Dans ce contexte, la tentation du court terme est forte. Pourtant, jamais la qualité du projet n’a été aussi essentielle pour répondre aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques.
C’est dans ce cadre que le relèvement du seuil du concours de maîtrise d’œuvre suscite de vives préoccupations. Le concours demeure un outil fondamental pour garantir la qualité des projets, l’émulation créative et un accès plus équitable à la commande publique. Fragiliser ce dispositif, c’est remettre en question une ambition collective pour l’architecture et pour le cadre de vie.
Formulons encore un vœu. Que l’ingénierie territoriale ne soit plus la variable d’ajustement. De nombreuses collectivités, en particulier les plus petites, peinent à mobiliser les compétences nécessaires pour porter des projets complexes. Le risque d’un décrochage territorial est désormais réel.
La situation des CAUE, en France comme en Île-de-France, appelle une attention particulière à l’approche du cinquantième anniversaire de la loi sur l’architecture. Outils essentiels de conseil, de médiation et de sensibilisation, ils jouent un rôle irremplaçable auprès des collectivités et des particuliers. Les fragiliser, c’est affaiblir durablement la qualité, l’équité territoriale et l’intérêt général.
Enfin, l’absence de budget pour la nation en ce début d’année 2026 crée une instabilité majeure pour l’ensemble de la chaîne de l’acte de rénover. L’instabilité des dispositifs et le manque de visibilité à long terme fragilisent la confiance des ménages comme celle des collectivités, alors même que les objectifs climatiques exigent constance, cohérence et moyens à la hauteur des enjeux.
Face à ces défis, 2026 doit être l’année d’un cap collectif réaffirmé.
Défendre la qualité architecturale, paysagère et urbaine, soutenir l’ingénierie territoriale, garantir un accompagnement équitable des territoires et de leurs habitants : telles sont les conditions que nous souhaitons voir réunies.
C’est avec détermination et sens des responsabilités que cet engagement sera poursuivi, convaincus que la qualité du cadre de vie est un levier essentiel pour préparer l’avenir. Avec humanité.
Laurence Bertaud, Présidente de l'Ordre des architectes d'Île-de-France
Portrait de la Présidente : Giuliano Ottaviani
Sur le même sujet
3 questions à
29 jan 2026
Actualités
22 jan 2026
3 questions à
19 déc 2025
Actualités
17 déc 2025
Actualités
17 nov 2025




