Ensemble
30 Mar 2026Édito
La profession d’architecte traverse une période exigeante, entre transformation et diversification des pratiques et difficultés économiques liées à une conjoncture défavorable. Dans la perspective de sortir de cette spirale néfaste pour l’architecture, Laurence Bertaud, présidente, a souhaité donner la parole à Frédéric Quevillon, vice-président, à l’occasion de cet éditorial tourné sur le besoin indispensable de solidarité dans notre profession.
La profession d’architecte traverse une période d’une rare intensité. Crise du logement, ralentissement brutal de la construction, pressions économiques sur les honoraires, remise en cause parfois silencieuse de la place de l’architecte dans l’acte de bâtir : les signaux d’alarme se multiplient, et nous ne pouvons ni ne devons les ignorer.
Pourtant, derrière ces turbulences, une réalité s’impose avec une force tranquille — celle d’une profession qui continue, chaque jour, de faire. De concevoir. D’accompagner. D’inventer.
C’est précisément pour rappeler cette vérité que l’Ordre des architectes d’Île-de-France est là. Non pas comme une instance lointaine chargée de gérer des crises, mais comme un collectif d’élus engagé au quotidien à vos côtés — pour défendre, pour alerter, pour soutenir. Car l’accompagnement ne se décrète pas : il se construit, acte après acte, dans la proximité et dans la durée.
Dans ce contexte, il me semble que la question centrale n’est pas seulement celle de nos compétences, de notre créativité ou de notre capacité d’adaptation. Elle est aussi – et peut-être surtout – celle de la solidarité.
La solidarité entre architectes n’est pas un mot faible. Ce n’est pas un supplément d’âme. C’est une condition de survie et de dignité pour notre profession.
Solidarité entre générations, pour transmettre sans dominer et apprendre sans mépriser.
Solidarité entre structures, grandes ou petites, urbaines ou rurales, pour sortir des logiques d’isolement et de concurrence stérile.
Solidarité enfin dans nos pratiques, dans nos relations professionnelles, dans notre capacité à nous soutenir plutôt qu’à nous fragiliser.
Nous partageons tous un même engagement : servir l’intérêt public et général, par et pour l’architecture. Cela suppose de nous considérer, collectivement, comme étant toutes et tous les membres d’un corps professionnel responsable, conscient de sa force collective.
L’Ordre des architectes d’Ile-de-France a un rôle essentiel à jouer dans cette dynamique. Notre institution est un lieu de dialogue, de protection, d’écoute et de rassemblement. Un espace où l’on peut débattre, se confronter, mais aussi se soutenir et se reconnaître. Celle-ci est aussi le reflet de la pluralité de notre profession, réglementée, dans un monde toujours plus libéralisé et aux règles anarchiques.
C’est justement dans ce cadre que nous organisons les 8 et 9 avril prochains la seconde édition des Assises franciliennes de l’architecture, sur le thème de la valeur en architecture. La solidarité sera bien évidemment au cœur de notre initiative, pour que chacune et chacun puisse se retrouver aux Récollets pour deux journées de partage, d’échanges et d’entraide.
Faire preuve de solidarité, ce n’est pas renoncer à l’exigence. C’est au contraire la renforcer. C’est affirmer que la qualité architecturale, l’éthique professionnelle et la défense de notre métier passent par une communauté soudée, capable de parler d’une voix forte et responsable.
Je forme donc le vœu que nous cultivions davantage cette solidarité : dans nos agences, dans nos échanges, dans nos engagements collectifs et entre institutions. Parlons d’une seule voix dans l’intérêt commun. Que nous prenions soin de notre profession comme nous prenons soin des lieux que nous transformons.
Frédéric Quevillon, vice-président du CROAIF
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